État des nappes phréatiques en France : une très bonne nouvelle avant le début de l'été ?

Le temps très perturbé de ces derniers mois a favorisé un remplissage important des nappes phréatiques et a permis de mettre fin à la sécheresse sur une grande partie de la France. Une situation très encourageante avant le début de l'été.

Pluie
Les sols sont gorgés d'eau sur la majorité du pays après les pluies abondantes de ces derniers mois, une situation encourageante avant le début de l'été

Selon un récent rapport du BRGM, la grande majorité des nappes phréatiques françaises présentent des niveaux au-dessus des normales au 1er juin, une situation qui s'est d'ailleurs encore améliorée par rapport au mois précédent.

Des conditions favorables au remplissage des nappes

Cela ne vous aura sûrement pas échappé, le temps se montre particulièrement humide depuis de nombreux mois sur la France. Depuis les environs de la mi-octobre, notre pays et une partie de l'Ouest de l'Europe subissent en effet les assauts de perturbations plus ou moins actives et surtout particulièrement récurrentes sous l'influence d'un flux océanique dynamique.

Ainsi, l'hiver 2023-2024 s'est montré excédentaire en terme de précipitations sur la France avec une anomalie positive s'élevant à 10% à l'échelle du pays, une aubaine après plusieurs années anormalement sèches. De ce fait, la saison de recharge des nappes, s'étendant en général de la fin de l'automne au début du printemps a été elle aussi excédentaire, permettant d'atténuer fortement la sécheresse sur notre pays.

Un constat déjà encourageant donc au début du printemps, qui s'est encore amélioré par la suite. En effet, les conditions particulièrement humides ont persisté durant le printemps météorologique 2024, celui-ci s'étant montré le plus pluvieux depuis 2008. L'excédent pluviométrique a ainsi atteint +45% à l'échelle du pays pendant cette période, permettant de recharger encore plus nos réserves en eaux souterraines et ce malgré le fait que la végétation absorbe une grande partie des précipitations durant cette période.

Le mois de mai a par exemple été le mois le plus pluvieux sur la France puis 2013 selon Météo-France. D'après le BRGM, celui-ci a également été le 4ème mois le plus humide pour les nappes phréatiques depuis 30 ans, c'est-à-dire en niveau d'eau par rapport aux normales. Ainsi, la sécheresse est à présent bien loin d'être d'actualité sur la grande majorité du pays.

Des niveaux de nappes très favorables avant l'été

Ce mois de mai particulièrement humide a donc permis d'améliorer encore plus les niveaux des nappes phréatiques françaises, alors même que ceux-ci ont en général tendance à sensiblement baisser durant cette période. Selon le dernier rapport du BRGM, 70% des nappes de l'Hexagone présentaient un niveau au-dessus des normales au 1er juin, contre 65% un mois avant.

Ainsi, les ¾ des réserves en eaux souterraines françaises observent aujourd'hui des niveaux d'eau très satisfaisants avant l'été, une situation qui contraste fortement avec l'année dernière où le début d'année s'était montré particulièrement sec. Au 1er juin 2023, 66% des niveaux se trouvaient en effet sous les normales.

À ce jour, seuls 19% des nappes restent à des niveaux inférieurs aux moyennes sur notre pays, notamment du côté des Pyrénées-Orientales et de la Corse, régions où les pluies se sont montrées bien moins récurrentes et abondantes ces derniers mois. C'est notamment sur le Sud du Roussillon que la situation est la plus inquiétante à ce jour, le secteur subissant des conditions anormalement sèches depuis maintenant plusieurs années.

Malgré tout, il est important de retenir que la situation est globalement très favorable à l'approche de l'été, période la plus à risque en terme de sécheresse sur notre pays. Contrairement aux années précédentes, les restrictions d'eau devraient donc rester limitées dans les prochaines semaines, notamment en prenant en compte le fait que ce mois de juin 2024 se montre de nouveau bien humide sur notre pays. Ainsi, seul un changement radical de régime pourrait accentuer le risque de sécheresse pour l'été, ce qui ne semble pas d'actualité, du moins pour le moment.

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