Alerte : comment des cultures bio peuvent-elles être contaminées par des pesticides ? Quels risques pour votre santé ?
La Fédération nationale d'agriculture biologique (FNAB) alerte : certains agriculteurs bio voient leurs cultures contaminées par un puissant pesticide, mettant en danger leurs récoltes. Comment est-ce possible ? Y a-t-il un risque pour notre santé et celle des cultivateurs ?

C'est une incompréhension totale et une inquiétude légitime : la Fédération nationale d'agriculture biologique (FNAB) alerte sur la contamination de certaines cultures biologiques par un puissant pesticide, le prosulfocarbe. Comment se retrouve-t-il dans ces champs ? Quels risques concrets pour les cultures et pour votre santé ?
Un herbicide destiné aux céréales
Le 27 novembre dernier, la FNAB a donc appelé à "faire la transparence" sur les contaminations des cultures bio par le prosulfocarbe, un herbicide très volatil utilisé notamment pour traiter les céréales. De premières mobilisations ont déjà eu lieu sur le terrain jeudi dernier, devant la Direction départementale des territoires de l'Yonne, à Auxerre.
Enquête sur le Prosulfocarbe, le #pesticide qui menace l#agriculture biologique
— Basta! (@bastamedia_) December 12, 2023
Très volatile, il contamine les parcelles bio. Les agriculteurs bio se retrouvent contraints de détruire leurs cultures sans être indemnisés.
Par @Sophie_Chapelle https://t.co/HjmdG6Ydy8 pic.twitter.com/RUptpKUHnx
Ce pesticide contamine notamment les cultures de sarrasin, qui est récolté en automne, au moment de sa maturité, pile-poil au moment des traitements chez les agriculteurs non-bio. Principal grief de la FNAB : le fait que les agriculteurs bio doivent payer eux-mêmes les analyses toxicologiques pour s'assurer que leurs cultures ne sont pas contaminées par le prosulfocarbe, un comble !
Les indemnisations promises l'an dernier par le gouvernement, à travers l'augmentation des taxes sur les pesticides, ont malheureusement disparu à la suite des mobilisations et blocages des agriculteurs conventionnels (non-bio).
Pour rappel, le prosulfocarbe est autorisé en France depuis 1990, et l'Union européenne a prolongé son autorisation jusqu'à fin janvier 2027, le temps de réévaluer ses effets, ce qui signifie sans doute qu'une inquiétude existe !
Une zone tampon de 10 mètres inefficace ?
En France, l'Agence de sécurité sanitaire (ANSES) a imposé aux agriculteurs de respecter une zone tampon d'au moins 10 mètres avec les habitations lorsqu'ils utilisent le prosulfocarbe, ainsi que de diminuer les dosages. C'est pourtant aujourd'hui la deuxième substance active la plus vendue, notamment pour traiter le blé et les pommes de terre, juste derrière le soufre et devant le glyphosate.
La @fnab_bio dénonce une pollution au pesticide prosulfocarbe sur du sarrasin #Bio !
— CAB BIO PAYS DE LA LOIRE (@CAB_BIO_PDL) June 15, 2021
Une perte financière de 100 000.
Aucune indemnisation de l'Etat.
On demande depuis 2 ans l'interdiction de ce pesticide très volatile (+1km).
On protège la BIO ou on l'a condamne ? pic.twitter.com/XwG08R7pLu
Toutefois, la volatilité extrême de ce pesticide et sa dispersion rapide dans l'air rend cette zone tampon inefficace, d'où les contaminations des cultures bio. C'est ainsi que la FNAB demande l'interdiction pure et simple du prosulfocarbe, dont pour le moment les effets sur la santé sont considérés comme limités : la substance n'est ni cancérigène, ni mutagène, ni toxique pour la reproduction.
Après avoir récolté des données provenant notamment d'organismes certificateurs, la FNAB affirme qu'au moins 400 récoltes de cultures biologiques de sarrasin ont été contaminées par du prosulfocarbe depuis 2018. Rien qu'entre 2020 et 2022, cela a entraîné une perte estimée à 550.000 euros pour les agriculteurs, sur les 550 tonnes de sarrasin invendables...
Références de l'article :
Les agriculteurs bio dénoncent les contaminations de certaines cultures par un puissant pesticide. France Info.
Contaminations au prosulfocarbe : la situation des producteurs bio se détériore, mobilisons-nous ! FNAB.